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[GUIDE] Conseils pour la restauration de vieux PC

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Voici un article afin de compiler et illustrer quelques conseils concernant la restauration et le nettoyage d'un vieux PC. PC que l'on pourrait trouver ou récupérer d'occasion dans un vide grenier ou un site d'annonce par exemple. Avec les points à vérifier etc. Il vient compléter le BlaBla-IT #1 qui déjà permet une première approche pour les novices. Là encore je vais utiliser des PC de type AT des années 1990, n'ayant jamais vraiment été attiré par plus vieux (8088, 286, 386). Pour autant la plupart des conseils donnés ici seront quelques peu universels et donc transposables pour des tas de machines même situées hors de l'univers PC.



La décontamination



Lorsqu'on récupère un ordinosaure c'est un peu la loterie. On ne sait pas sur quoi on va tomber. Dans le cas le plus favorable la machine aura toujours été stockée dans une pièce intérieure comme une chambre ou un cagibi. Mais à de multiples occasions j'ai pu tomber sur des PC qui ont été stockés dans des endroits vraiment pas très saints comme des caves humides, des garages, des granges et autres greniers, etc... Certains traitent cela comme de la ferraille à refourguer. De ce fait ça pue et de plus quand on trifouille dedans on a les avants-bras qui grattent. Utiliser des gants est parfois recommandé tellement c'est beurk.





Lorsqu'on souhaite qu'une machine d’antan retrouve de sa superbe, les férus de vieux ordinateurs passent par une phase de nettoyage voire carrément de décontamination dans certains cas. C'est mieux avant de bidouiller quand même. Il existe plusieurs niveaux de saleté allant de la simple poussière inoffensive comme ici :



Jusqu'à la crasse dégueulasse à en chopper le tétanos, en passant par les poils d'animaux. Sans compter le tabac et autres situations extrêmes comme les animaux morts en état de décomposition avancée ou encore l'invasion d'insectes. Ces situations sont rares mais on peut trouver des histoires pareilles avec photos à l'appui sur le subreddit techsupportgore.

Nettoyage



Capot & châssis en métal



Commençons par la partie que l'on enlève en premier, à savoir le capot supérieur (ou les panneaux sur les cotés). Si il est très sale, le passer à la douche ou baignoire. Pour ceux qui ont une maison à la campagne le jet d'eau avec le robinet du jardin ira très bien. Pour effacer les traces j'utilise de la pierre d'argile, également nommée pierre d'argent, pierre d'éclat ou pierre du droguiste. Utilisable sur acier brut, peint ou plastiques.



En cas de rouille, un traitement avec une feuille abrasive retirera le plus gros. Pour aller plus loin on peut sabler et après repeindre.



Façade



Idem : la pierre d'argile. Je vous conseille de démonter la façade du châssis. En général la façade tient soit par des clips, soit par des vis accessibles depuis l'intérieur.




La façade supporte les diodes lumineuses et les boutons qui vont vers la carte mère. On doit donc la plupart du temps les déconnecter.





Certains ont une polarité et doivent être remis exactement à leur place. Prendre une photo des connexions est donc souvent utile. Car il arrive que les broches ne soient pas clairement indiquées avec des mentions telles que GREEN LED, HDD LED, TURBO, mais la place on peut trouver des libellés comme J11, J17 ou J18 (tableau de correspondance pouvant être sérigraphié). Parlant n'est-ce pas ? Si vous êtes perdu, il existe quelques sites qui hébergent les schémas et documentations des cartes mères pour savoir quoi brancher et où.


La façade pourra être passée à l'eau savonneuse également. Pensez à dégrafer les éventuels circuits d'affichage 7-segments.

Remise en état, précautions et conseils, pièce par pièce



Les fils / haut-parleur PC / Buzzer



Vérifier également l'état des fils. J'ai déjà eu l'occasion de trouver des fils ayants surchauffés comme c'est le cas ici avec un haut-parleur intégré au PC.





Il est à noter que le haut-parleur traditionnel que l'on vient de voir ci-dessus à disparu à la fin des années 90 pour être remplacé par un buzzer miniature. Sachant que ce dernier peut être directement intégré à la carte mère. On peut trouver ce genre d'accessoire pour pas cher sur eBay :



Alimentation



La plupart des alimentations des PC clones de ce genre sont des "no-name" ou des marques complètement farfelues. Les Astec, Bestec, Forton et autres Delta sont plus présentes dans les PC de marque.



Comme je l'avais déjà signalé dans le Blabla-IT 1, beaucoup de ces alimentations n'ont pas de soft-start. Par conséquent c'est le secteur que l'on coupe directement par la façade. De ce fait l'alimentation est connectée à la façade. Il existe plusieurs montages du bouton poussoir. Si on souhaite extraire l'alimentation du boitier pour mieux la nettoyer il faudra donc la déconnecter ici en plus des fiches Molex habituelles.




Généralement ces alimentations peuvent s'ouvrir avec 4 vis sur le dessus. Il faudra aussi découper les étiquettes de garantie pour pouvoir séparer les deux corps facilement.



Ici on trouve de la simple poussière, pas de crasse extrême. Pour la nettoyer j'ai utilisé un simple pinceau pour brosser et un aspirateur pour récupérer la poussière enlevée.




Le ventilateur tient par 4 vis. Sur certaines alimentations ses fils seront soudés au circuit-imprimé, sur d'autres on aura droit à un connecteur détachable.




Lors de la remise en place du ventilateur, vérifier qu'il ne soit pas réinstallé à l'envers. Il faut qu'il soit en mode extraction. Des flèches sont parfois présentes sur la tranche pour repérer le sens de rotation et du souffle.



Attention lors du remontage à bien fermer correctement l'alimentation, les tôles s'emboitent.



Résultat final :




N'hésitez pas à ouvrir l'alimentation afin de contrôler visuellement si les condensateurs sont en bon état. Par contre il n'est absolument pas nécessaire de dévisser le circuit-imprimé afin de contrôler les soudures du PCB, généralement tout va bien de ce coté.

La plupart de ces ordinateurs anciens sont nettement plus bruyants que nos PC modernes. La faute non seulement à un ventirad plus petit (4-6cm) coté CPU que ce qu'on peut trouver aujourd'hui. La faute aussi à des disques durs au bruit de scie circulaire. Et enfin au ventilateur de l'alimentation. La plupart des alimentations des PC clones comme celle-là sont fabriquées par partir d'un cahier des charges où le low-cost règne en maître. Le bruit du ventilateur n'était donc pas la priorité, à part sur des modèles OEM des PC constructeurs de type HP, Compaq, IBM... Par conséquent il est souvent directement alimenté en 12V. L'alimentation ne dispose d'aucun circuit de régulation selon la température du type "Noise Killer". Le seul moyen étant donc d'y mettre une résistance ou un potard.

Lecteur de disquettes (3.5 pouces 1.44Mo)



Le lecteur de disquette est généralement l'élément le plus sale de l'ordinateur car il emprisonne la poussière et ce même le petit clapet de protection devant. Il existe plusieurs marques de lecteurs floppy :
  • Teac
  • Panasonic
  • Sony
  • Alps
  • Mitsubishi
  • Epson
  • NEC
  • Samsung
  • Mitsumi
  • Citizen


Voici résumé en quelques images le nettoyage d'un Teac FD-235HF. Ils sont tous fabriqués plus ou moins de la même façon.





Les méthodes de démontage varient un peu selon les marques, le capot du dessus en général se dé-clipse et peut être retenu par des vis. Pour désassembler le mécanisme sur celui-ci (et comme d'autres) il faut retirer le bouton de plastique blanc sur le poussoir car il sert de butée. Donc en enfonçant la tige d'éjection en métal plus loin que la normale (sans ce bouton) le mécanisme se débloque/se déboite tout seul. Pour le nettoyage un coup de bombe dépoussiérante ou de soufflette. Sinon pinceau + aspirateur pour ramasser la poussière et lingettes pour la crasse.





Concernant les têtes, si le lecteur fonctionne je conseillerai de ne pas y toucher. S'il ne fonctionne pas : on peut les nettoyer au coton-tige en mousse imbibé d'alcool isopropylique comme il est décrit dans cette vidéo. On peut aller plus loin en re-graissant la vis sans fin et déposer une goûte d'huile sur la tige métallique sur laquelle glisse le bloc de tête. Une méthode déjà utilisée pour débloquer un lecteur Teac slim aux têtes coincées sur un dock IBM Ultrabase X2 car il n'avait pas servi depuis des années. Le lecteur faisait un bruit infernal de moteur qui tape. Les têtes étaient simplement grippées.

Dans le BIOS il y a des fois une option intitulée "Boot Up Floppy Drive Seek" (ou quelque chose comme ça). C'est cette option qui est responsable du bruit du lecteur de disquette à chaque boot du PC si elle activée (Enabled). Contrairement à ce qui est dit sur le web, cette option ne sert pas à vérifier la présence d'une disquette (ça ce sera uniquement après le POST). En fait cette option sert uniquement à valider le bon fonctionnement du lecteur avant de passer au système d'exploitation (POST). Le BIOS demande au lecteur de faire un aller retour bref du bloc de tête, qu'il y ait une disquette ou pas. Cela permet de vérifier que le moteur pas à pas n'est pas bloqué et que la barrière infrarouge de fin de course (fourche optique) fonctionne. Si le moteur est bloqué le BIOS affichera un message du genre "Floppy Disk Drive Fail". Certes cela permet d’accélérer le boot mais laisser cette option active n'abîme pas plus le lecteur de disquette et permet de détecter un lecteur défaillant avant de s'en rendre compte le jour où on veut s'en servir. Il est à noter que le message "Floppy Disk Drive Fail" indique que le BIOS a envoyé ses commandes mais que le lecteur ne répond pas. Ce message peut donc aussi s'afficher si un lecteur est déclaré dans le BIOS mais qu'il n'est pas connecté correctement.

Si le lecteur de disquette a sa diode verte toujours allumée de manière fixe (depuis la mise sous alimentation), il est fort probable que la nappe 34 broches soit branchée à l'envers.

On peut tester son lecteur avec le logiciel PC-Check.



Tout beau, tout neuf. Enfin presque.



Images d'un Sony nettoyé : Photo 1 / Photo 2

La carte mère





Les cavaliers de configuration




Les vieilles cartes mères (et cartes filles) comportent généralement de nombreux cavaliers pour régler d'innombrables choses : IRQ, adresses, tension CPU, coefficient multiplicateur, vitesse de ceci, vitesse de cela, etc... Au fur et à mesure des nouvelles générations de processeurs (depuis le Pentium II/III environ) ils ont disparus, remplacés par des circuits et routines logicielles d'auto-configuration dans le BIOS/UEFI. Seuls quelques uns subsistent.



Si aucun tableau n'est inscrit sur la carte mère, il va falloir trouver son manuel. Sinon :


Les condensateurs




Comme pour l'alimentation, il faudra inspecter la carte à la recherche de condensateurs électrolytiques KO (Capacitor Plague). Il est rare de trouver des cartes mères de génération Socket 3 à Socket 7 ayant ce défaut, mais on ne sait jamais : l'exception confirme toujours la règle comme on dit. La plupart des problèmes ont eu lieu dans la période Socket 370 / Socket A.

La pile qui coule


Il fut une époque où les cartes mères n'étaient pas équipées de piles CR2032 pour retenir l'heure et les paramètres du BIOS. Mais à la place il y avait une batterie Ni-Cd qui avait tendance à couler et dont l'acide ou l’électrolyte qui s’échappait avait comme conséquence d'oxyder les pistes avoisinantes




Vous trouverez beaucoup d'articles qui parlent de cela sur le net car elles ont été installées dans des flippers, des bornes d'arcade, des Amiga, et plein d'autres choses. Vous les trouverez pas mal dans les PC de génération i386/i486.



Si c'est votre cas sachez qu'il est possible de décontaminer la carte mère avec quelques produits :



Ne remplacez pas l'accumulateur original par un nouveau. Préférez installer une CR2032 avec son support en plastique et installer une diode Schottky en série comme expliqué sur ce site sur ce site. La CR2032 n'étant pas un accumulateur mais une pile, elle n'est pas rechargeable. La diode sert à bloquer le courant le recharge. Utiliser une Schottky par rapport à une diode conventionnelle de type 1N4001 permet de bénéficier d'une tension de seuil plus bas, environ 0.3V contre 0.7V.

Les chipsets




Si vous récupérez un vieux PC en socket 7, il est probable que vous tombiez sur une carte mère équipée d'un chipset Intel modèle FX, VX ou TX (modèles Triton/Triton II/Triton II) ou du VIA, ALI ou SIS. La liste des chipsets Intel produits et leurs spécicifations est disponible sur Wikipedia. Comme l'explique cet article du Wiki Vogons : ces chipsets ne sont pas capables de mettre en cache plus de 64Mo de RAM. Même si théoriquement on pourrait installer 4 barrettes de 32Mo pour former 128Mo afin de blinder le système, en réalité ce serait contre-productif. Soit on se contente de 64Mo à pleine vitesse ou alors de 96 ou 128Mo mais les performances baissent de 40% y compris sur les premiers 64Mo.

Le processeur





Quelques petits rappels :

  • Vérifiez bien qu'il soit compatible avec la carte mère, certains processeurs socket 7 nécessitent DEUX tensions différentes pour fonctionner. Un 2.8V pour le core et 3.3V pour les I/O par exemple. Or toutes les cartes mères ne sont pas capables d'envoyer 2 tensions distinctes au processeur.
  • Vérifiez bien que les cavaliers de la carte mère soient bien positionnés (surtout la tension).
  • Vérifiez bien qu'il soit mis à l'endroit : sur les premiers sockets rien n'empêchait de mettre le processeur dans le mauvais sens. Les détrompeurs sont uniquement visuels (marquages) mais pas physiques.


La carte graphique



Si vous récupérez des vieux PC vous tomberez sur des marques disparues (ou ayant abandonné ce marché). En voici une petite liste :

  • 3DFX
  • ATI (devenu AMD)
  • Chips and Technologies (Chips)
  • Cirrus Logic
  • Matrox
  • Number Nine
  • S3
  • Trident
  • Tseng
  • Western Digital (ne fait que des disques durs maintenant)


Il vous faudra fouiller le Web pour savoir quel était le crédo de telle marque et voir tous les modèles plus ou moins réussis. Dans un ordinateur, les puces vidéo peuvent être directement soudées sur la carte mère, pour les PC à forte intégration, on parle alors de contrôleur vidéo intégré. Sinon on passera par une carte vidéo qui sera installée (selon l'age du PC) soit sur un port VLB, ISA, PCI, AGP ou PCI-Express.




D'après mon expérience, les cartes graphiques avant les AGP tombent rarement en panne. C'est à partir des modèles à GPU pour joueurs qu'on a commencé à avoir des problèmes de fiabilité. Les cartes destinées à la bureautique s'en sortent très bien même aujourd'hui. Mais alors dès qu'on tape dans du haut de gamme, le taux de panne augmente. Depuis les années 2000 les cartes chauffent nettement plus et on a droit à un ventirad. Ventilateur qui au bout de quelques années va se mettre à faire du bruit. En plus son montage sera propriétaire donc on ne pourra pas le remplacer facilement, ce qui donne au final des honteux bidouillages. La boucle est bouclée.

La mémoire vidéo


De nos jours ce n'est clairement plus un problème à part dans le contexte du jeu vidéo pour y placer des textures. Mais à l'époque c'était encore pire. Comme vous le savez surement une carte graphique est équipée de mémoire vidéo. Soit elle est "dédiée", c'est à dire qu'il y a des puces physiquement présentes uniquement destinées pour la mémoire de la carte graphique. Soit elle est "partagée" : c'est à dire que la carte graphique va réclamer de la mémoire centrale (= de la RAM - sur barrette). Dans ce cas la carte graphique va donc s'accaparer tant de Mo de la RAM pour son propre fonctionnement. Sinon cela peut-être un mélange de deux depuis le port AGP.

Dans le passé la mémoire vidéo était tellement faible en taille que même en 2D il y a avait des limitations à cause de la faible quantité implantée. On pourrait même aller jusqu'à parler des palettes de couleurs, du EGA/CGA et du nombre de couleurs possibles sur une palette. Mais ici je vais m'en tenir qu'en terme de résolution VGA et de profondeur de couleur. Si vous récupérez un vieux PC de génération 486 jusqu'au Pentium III vous tomberez sur une carte graphique qui possèdera entre 512Ko jusqu'à 64Mo de RAM. En 2D, cette quantité de RAM pose des limitations. Pour pouvoir stocker une image complète de l'écran à afficher il faudra un minimum de quantité de RAM vidéo. Selon le nombre de couleurs différentes que l'on veut afficher (bitmap), le nombre de bits pour coder la couleur d'un pixel varie :

Profondeur de couleur Nombre de bits de codification
16 4
256 8
32768 (32K) 15
65536 (64K) 16
16777216 (16M - Truecolor) 24


Tant de bits pour chaque pixel, qu'il faut ensuite multiplier par la résolution :

((horizontal * vertical) / 8) * nombre_de_bits_par_point

Exemple : ((800 * 600) / 8) * 8 (256 couleurs) = 480000 /1024 = 468.75Ko
Conclusion : une carte graphique équipée d'au moins 512ko de mémoire est nécessaire pour afficher une image de 800 par 600 pixels en 256 couleurs.



Le tableau suivant vous indiquera la quantité de mémoire vidéo minimale nécessaire pour un couple résolution/profondeur de couleurs.



Beaucoup de vieilles cartes VLB/ISA/PCI possèdent des emplacements vides pour pouvoir ajouter des puces de RAM :



Il existait aussi des cartes avec des connecteurs enfichables pour ajouter des modules mémoire optionnels (souvent propriétaires) :




Le RAMDAC / écran cathodique / VGA


Les circuits vidéos d'un ordinateur peuvent sortir (fournir) des signaux de deux types : analogique et/ou numérique. Coté PC et même matériel vidéo grand public c'était le VGA, et le YUV (pour certains moniteurs professionnels) qui était de la partie durant les 90's. Des signaux analogiques donc. De nos jours le transfert de l'image vers l'écran se fait par une liaison numérique en DVI-D, HDMI ou Display Port. Le RAMDAC est un composant dont le rôle est de convertir le contenu (numérique) de la mémoire vidéo (frame buffer) vue dans la partie précédente en signal analogique vidéo pour le moniteur. D'où son nom : RAM-DAC. Il existe donc uniquement sur les cartes avec des sorties analogiques (comme le VGA par exemple).

La limitation du RAMDAC provient de la bande passante maximale qu'il peut supporter, de sa vitesse de fonctionnement interne en quelque sorte. Le RAMDAC est prévu pour débiter tant d'images par seconde (taux de rafraichissement en Hertz) pour une résolution donnée. Plus le RAMDAC a une forte bande passante (en MHz) et plus on peut obtenir une fréquence de balayage plus haute pour la même résolution ou aller vers des résolutions plus importantes. A l'époque des écrans cathodiques, le minimum vital était un rafraichissement de 60Hz (balayage de 60Hz progressif). Mais il y avait du scintillement et cela pouvait donner mal à la tête. Car plus le rafraichissement est rapide, moins on le perçoit. Une valeur de 75Hz était très bonne mais on pouvait aller au delà pour plus de confort.

Si vous raccordez un vieux PC (avec une sortie VGA) à un écran plat LCD moderne il se peut que ce soit les circuits vidéos de l'écran LCD qui n'arrivent pas à suivre le signal généré par le RAMDAC de la carte graphique. L'écran LCD devant lui, faire l'opération exactement inverse du RAMDAC : analyser le signal analogique vidéo VGA et le convertir en signal numérique pour la dalle matricielle LCD. Des fois la sortie vidéo n'est pas adaptée (trop rapide ou trop faible, mauvaise résolution ou fréquence), d'où le message d'erreur "Out Of Sync" ou "Out Of Range" qui peuvent se produire sur des résolutions non standards ou alors parce que le RAMDAC sort à une fréquence non supportée par l'écran. Via le DDC l'écran LCD s'identifie et généralement le RAMDAC se cale à du 60 ou 70Hz.

Si vous raccordez un vieux PC (avec une sortie VGA) à un écran CRT sachez qu'il existe la même limitation dans les circuits vidéos des moniteurs cathodiques, selon que ce soit un 13, 14, 15, 17, 19, 21 pouces il n'aura pas les mêmes spécifications ne supportera pas les mêmes résolutions et les mêmes fréquences. Un 15 pouces dépasse rarement le 1024*768 en 60hz alors qu'un 17 pouces pourra le faire en 75Hz facile. Plus le moniteur a un gros tube cathodique et plus il est capable de supporter des résolutions et des fréquences plus grandes. Cela dépend des modèles dans la réalité mais c'est l'idée.

Le lecteur CD / graveur CD





Je voudrais préciser quelque chose à ce sujet qui va paraitre évident pour certains mais qui le semble moins pour d'autres visiblement. Car je vois souvent sur le bon coin des personnes qui vendent des "LECTEUR-GRAVEUR DVD", alors que le modèle présenté n'est qu'un simple lecteur (et non pas graveur) et de plus qui ne fait que CD et non DVD. Je rappelle que les premiers appareils de disques optiques utilisés en informatique sont des lecteurs CD uniquement (les CD étant fabriqués en usage via un processus de pressage). Les graveurs ne sont apparus que plus tard et le format DVD aussi. Donc lors de la récupération de vieux PC vous pouvez tomber sur des "lecteur CD" uniquement ou un graveur CD qui ne prend pas en charge les CD-RW. Il existe donc 6 types d'appareils apparus chronologiquement :

  • des lecteurs CD (qui ne gravent rien, lecture uniquement)
  • des graveurs CD-R seuls (qui lisent aussi évidemment, la fonction de lecture est implicite)
  • des graveurs CD-R & RW (qui prennent en charge en plus les disques réinscriptibles, lisent aussi)
  • des lecteurs DVD (qui ne gravent rien mais lisent les CD aussi)
  • des graveurs CD / lecteur DVD (également appelés "combo", apparus durant une période de transition dans les années 2000, lisent et gravent les CD-R & RW mais ne savent que lire les DVD)
  • des graveurs DVD (qui lisent et prennent les CD également en lecture + gravure)


Comment les reconnaitre ? Pas facile, mais vous pouvez déjà vous fier aux logos. Normalement tous les constructeurs se doivent de mettre ces logos sur la devanture, mais tous le jouent pas le jeu. Un lecteur CD simple, aura juste le logo "Compact Disc" traditionnel et rien d'autre :



Un graveur CD-R aura la mention supplémentaire "Recordable" de rajoutée :



Un graveur CD-R & RW aura la mention supplémentaire "ReWritable" de rajoutée (vitesse limitée de 1x à 4x) :



Si le graveur gère l'écriture des CD-RW de 8x à 12x aura la mention supplémentaire "High Speed" de rajoutée :



Cette mention varie selon la vitesse des disques réinscriptibles pris en charge :

Mention Vitesses
Aucune 1x - 4x
High Speed 8x - 12x
Ultra Speed 16x - 24x
Ultra Speed + 32x


Un lecteur DVD aura toujours le logo DVD évidemment mais la mention "ROM" dessous indique qu'il ne s'agit que d'un lecteur :



Un "combo" sera un mix des différents logos vu ci-dessus :



Les premiers graveurs DVD IDE n'étaient que -R/RW à ma connaissance, mon premier a été le Toshiba SD-R5002 sorti en 2002, le logo DVD sur le tiroir passe de ROM à ROM/R/RW pour indiquer la fonction gravure :



Pour la suite qui est encore plus compliquée et vu qu'on quite le monde du vintage je résume avec cela :



Les premiers lecteurs de CD-ROM dans les PC n'étaient pas ATAPI, il n'y avait aucune norme. Chaque fabriquant utilisait l'interface qu'il voulait. La carte son pouvant également accueillir le contrôleur CD à l'époque (mais cela pouvait être une carte spécifique également), cela explique le fait que sur des vieilles cartes sons, on retrouve plusieurs connecteurs selon la marque du lecteur de CD à relier dessus. Ensuite les constructeurs tels que Sony ou Panasonic ont utilisé la nappe IDE 40 broches classique mais hélas au niveau protocole de communication, les jeux de commandes étaient différents (versions de MPC). Puis vient la norme ATAPI et tous les lecteurs CD ont été qualifiés d'IDE comme les disques durs. Je vous laisse ce lien pour en apprendre plus.



Certains vieux lecteurs de CD-ROM (antérieurs à environ 1997, du genre 2x, 4x, 6x, 8x) supportent mal les CD-R. Surtout ceux de nos jours tout transparents au dye très clair. Les CD originaux (pressés) ne poseront pas de problème mais cela peut se révéler périlleux si vous souhaitez démarrer des CD de boot que vous avez gravés sur CD-R. Ne parlons pas des CD-RW qui eux ont encore moins de chance de passer, cela dépend du lecteur. Certains possèdent un logo "MultiRead" pour signaler que l'appareil sait bien lire les CD-RW. Un nettoyage de lentille peut éventuellement aider.

Se méfier aussi des premiers graveurs CD sortis pour la grand public (1996-2000, du genre 2x, 4x ou 8x en écriture) dont la fiabilité a été calamiteuse et ce quelque soit la marque. J'ai eu du Philips, du Sony et du Yamaha en panne entre les mains. Il faudrait préférer les graveurs fabriqués après 2002 et bénéficiant d'un mécanisme de Burn-Proof, la technologie est plus maitrisée à cette période. Mais après cela fait une machine un peu anachronique de mettre cela sur une machine de 1997-2000. On trouve encore des vieux graveurs 2x, 4x ou 6x d'occasion. J'en possède quelques uns par nostalgie. Mais vous serez souvent bon pour un nettoyage interne (et surtout de bloc optique) pour enlever la poussière ainsi qu'un petit graissage de la mécanique pour le faire revivre. J'en ai sauvé quelques uns avec succès et qui fonctionnent de nouveau mais il faut prendre le temps de démonter quoi. :)

Si le tiroir a du mal à sortir, il est fort probable que ce soit la courroie qui soit détendue :



La mémoire



La mémoire d'un PC peut-être soit directement soudée à la carte mère soit amovible sous forme de barrettes. Il existe tellement de ressources là-dessus et notamment cet article de x86-secret. J'avais fait une vidéo également sur Youtube rappelant les choses de base sur comment installer les barrettes de RAM sur les vieux PC avec les différences SIMM/DIMM avec l'installation par quatre, par paire ou unitaire et pourquoi. J'avais ensuite évoqué les tolérances plus ou moins grandes des chipsets avec les notions de densité et de Rank pour tout ce qui est SD-RAM et postérieur. Choses qui expliquent une partie de certaines "incompatibilités" subies par les gens.

Concernant la fiabilité des barrettes mémoire, je n'ai jamais eu de problèmes avec les barrettes de 30 ou 72 broches et ce même avec des no-name. Bien sûr il faut essayer de trouver des barrettes de marques qui embarquent des puces de marque de valeurs sûres, en voici une liste :

  • NEC
  • Texas Instruments
  • Hyundai
  • Siemens
  • Nanya
  • Elpida
  • LGS
  • Micron Technology
  • Hitachi
  • Mitsubishi
  • Infineon
  • Hynix
  • Samsung


Cela fait déjà du beau-monde. Pourtant des fois il est impossible de savoir qui a vraiment fabriqué les puces de RAM de la barrette. Voyez-ici des modules où c'est simplement indiqué "Turbo Ram". Le -60 sur les puces indiquent certainement une latence de 60ns.



Par contre à partir de la SD-RAM et jusqu'à la DDR (1) incluse il y a eu une petite période assez bizarre où l'on pouvait trouver des barrettes no-name ou de marques taïwanaises de 3ème zone franchement mauvaises, c'était la grosse loterie dans le no-name. Ici je parle du fabriquant de la barrette elle-même. Sachant que sur ces barrettes, étaient monté des puces sans-marque également, sur lequelles il y avait juste un numéro de gravé. Un fabriquant qui ne met pas son logo sur ses puces ? De quoi avoir des doutes déjà. En encore dès fois c'était des puces remarquées pour rassurer l'acheteur. Du coup on ne savait pas vraiment ce qu'il y avait dedans, dessous cela pouvait être du premier choix comme du pourri, exemples avec MQ, Fujimax, NCP, NOVA (certaines photos viennent du site goughlui.com) :






Et le meilleur pour la fin les "ATA", admirez comme le marquage n'est pas uniforme sur toutes les puces notamment l'avant dernière :



Et oui elles n'étaient pas chères et souvent elles étaient équipées de puces partiellement défaillantes en fait. C'est d'ailleurs une des raisons de la montée en puissance des utilitaires de type MemTest86/MemTest86+ à partir de 2001. Pourquoi avoir créé de tels utilitaires ? Alors que peu de puces mémoires se dégradent avec le temps... peu de barrettes SIMM 30 ou 72 broches échouent. Donc c'était des barrettes de RAM qui faisaient planter le PC de manière aléatoire et après on accusait le pauvre Windows 98 qui n'avait rien demandé. Voici un petit lien vers un article de hardware.fr sur ce sujet. Ne pas oublier la deuxième page.

Citation:
Bien entendu les barrettes "noname" utilisant des puces de marques sont généralement bonnes, mais l´intégration du paramètre "noname" fait qu´on ne peut pas savoir à l´avance si le PCB utilisé pour la barrette sera de bonne qualité ou de qualité moyenne, et il est également possible de tomber sur des barrettes utilisant des puces remarquées.


Citation:
Dans tous les cas préférez de la mémoire de marque (au moins les puces) à de la mémoire no name, car c´est toujours la loterie avec ce type de mémoire et on ne sait pas vraiment sur quoi on va tomber.


Ces pratiques n'ont plus cours aujourd'hui, depuis la DDR2 le marché s'est assaini et seuls les constructeurs les plus sérieux subsistent dans les boutiques de pièces informatiques (comme Kingston, Corsair, G.Skill, etc...). Même les barrettes Xiede pas cher trouvables sur eBay embarquent des vraies puces Micron/Nanya et ne posent pas de problèmes. Avec la démocratisation d'Internet et les avis/évaluations sur les sites cela ne se vendrait pas.